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Toutes les 2 critiques...
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Le malaise ambiant, tangible durant tout le film. La seule impression "intelligente" que l'on pourrait en retirer viendrait peut-être selon moi de ce "malaise" de la vie tombée à côté d'elle-même, la "vie" cinématographique, imprimée sur le visage fermé des personnages, dans le non-devenir de leurs actions, les portes qui se ferment devant eux, les instants qui seraient lumineux s'ils étaient captés par un autre regard et qui s'avèrent ternes, irrémédiablement ternes et comme présageant un désastre final que l'on guette comme une libération. Pourquoi sont-ils "ternes"? Parce-ce qu'il n'y a rien de "normal" dans les attitudes de la jeune femme, dans celles de son ami; parce-que ces personnages nous échappent comme ils échappent à leur réalité et que dans cette fuite en avant qu'est leur vie, pellicule déshumanisée déroulée devant nos yeux, plus rien ne peut freiner la course, il n'y a plus de respiration possible. La seule respiration que Marguerite croit trouver à moment donné, c'est auprès de cette femme qui "travaille", qui a un rôle et un but dans la société, et un regard sur les choses singulier. Un regard sur elle-même, qui finit par se détourner lorsque la demande de regard se fait trop insistance, lorsque l'absence de désir d'autre chose s'imisce. De même, le regard du petit garçon sur son père se détourne-t-il du spectacle que celui-ci lui offre gratuitement, trop gratuitement, l'animal zébré incongru dans sa chambre d'hôpital devient alors bouleversant, au moins autant que cette incapacité de vivre au quotidien exprimée entre quatre murs au fil des paroles qu'ils s'échangent, phrases courtes, brutes, affrontement silencieux, regards terribles, refus de caresse, refus de "faire semblant" qui s'avère impossible. Dans cette vie-là, dans cet univers-là, la mort n'est pas un drame. Elle prend sa place naturellement, s'impose en conclusion défiant toute absurdité, rapproche _illusoirement les corps mais rien ne peut effacer sa présence naturelle. Le film défile ainsi, images au ralenti engourdissant l'esprit du spectateur, jusqu'au basculement arrivé sans prévenir. Une pause dans la vie, la musique agréable qui évade les pensées et puis à la scène suivante, le gouffre qui s'ouvre et la violence coupée de tout son, privée de sens, incongrue dans un film pareil comme le cheval zébré dans la chambre d'hôpital, et en même temps totalement prévisible, bouleversante dans le refus d'explication de la part du réalisateur. Le désespoir vient alors de l'extérieur, clôturant le film, mais la brêche reste ouverte, sur l'absence des personnages et sur leur non-communication, une brêche où s'engouffrerait la douleur de ne pas avoir d'influence sur sa propre vie... l'amour ne durerait que le temps des molécules, mais cette impression de malaise persiste encore longtemps après que le rideau soit baissé. Ce fut un bon film.
5/10 26.6.2005 -
borie,alain@ - âge: 13-17
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Avec un titre pareil, on se dit que ce doit être encore l'un de ces films intellectuels français totalement abscons, ou bien, si l'on est d'humeur positive, qu' il doit s'agir d'un film étrange, expérimental. Et puis il y a la merveilleuse Rohmane Bohringer et le beau Laurent Lucas. Alors, poussé par la curiosité, et les acteurs, on y va. Grossière erreur! Le film se révèle la caricature exacte de ce que l'on redoutait: une heure et demi de masturbation intellectuelle. Autant dire de l'enculage de mouches. Certes, chaque personnage est enfermé dans son mutisme, et les face-à-face entre Paul et Marguerite ressemblent davantage à des affrontements silencieux qu'à des explications d'amoureux. Chacun se regarde sans rien dire, et tourne sur son corps comme les lions en cage que Paul surveille de nuit. Le problème, c' est qu'au lieu d'exploiter intelligemment ce thème de l'enfermement sur soi, le réalisateur se perd dans le silence de son scénario. Et quand il tente de donner un peu plus d'étoffe à ces visages et à cette ville (Montréal!) d'un morbide accablant, c'est pour se raccrocher à des clichés: la jeune fille mystique en mal d'identité, sorte de Thérèse moderne victime de son incapacité à se fondre dans la société, le jeune homme entortillé dans une culpabilité destructice sur fond de pathétique gratuit (son fils est atteint d'une grave maladie)... Bref, on est non seulement rapidement gagné par un ennui profond mais plus qu'énervés devant la prétention d'un discours qui se veut hautement intellectuel (tout le film repose sur la théorie fumeuse que l'état amoureux ne serait qu'une question de durée de vie de molécules....). A Fuir organiquement!!!
2/10 5.10.1999 -
stehle@ - âge: 26-35
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